Ethique

L'utilisation de l'Ennéagramme appelle à la prudence

L’Ennéagramme est un modèle ancien, issu de la tradition orale. Il n’y a donc pas d’auteur ni de propriétaire. L’avantage, c’est qu’on est libre d’en faire ce qu’on veut ! L’inconvénient, c’est qu’on est libre d’en faire ce qu’on veut…

En particulier, il n’y a pas de garantie d’une éthique. Chaque formateur fait son chemin selon ses valeurs. Il me semble donc important de vous exposer les miennes.

Chacun est plus que sa personnalité

La personnalité, ou l’ego, c’est notre forme extérieure, qui nous sert à exister en tant que « quelqu’un » pour vivre des expériences. Ce que nous sommes, derrière l’ego, est assez mystérieux. De l’énergie vitale ? L’Être pur ? Quoi qu’il en soit, nous jouons à être une personnalité – comme un acteur joue à être un personnage – et la conscience de ce phénomène est libératrice. C’est l’un des messages de base de l’Ennéagramme – en tout cas, tel qu’il a été présenté par Gurdjieff. Pourtant, quand on s’enfonce dans l’exploration de la personnalité, on peut en venir à oublier ce message et être tenté.e de résumer les personnes à leurs personnalités. Dans ce cas, pas de développement possible… J’ai fais attention à ça.

La personnalité est plus qu'un type Ennéagramme

Les types sont les ingrédients de base de la personnalité. Et l’ingrédient n’est pas la recette ! Un tas de sucre ou de farine ne fait pas un dessert. 🙂 La recette – la personnalité – est une composition. Et on remarque que les ingrédients qui la compose n’ont pas le même niveau d’importance. En particulier, on remarque que l’un d’eux est fondamental : c’est le type dominant de notre personnalité. C’est lui qui donne le ton, la couleur générale, et les autres ingrédients – les huit autres types – viendront le mettre en valeur, d’une manière particulière et unique à chacun. Sinon, comment aurait-on sept milliards de personnalités uniques avec seulement neuf types Ennéagramme ? D’ailleurs, on remarque que les personnes les plus éveillées ont intégré en eux-mêmes les neuf types – sans renier leur type dominant, tandis que ceux qui s’enferment dans l’un d’eux souffrent et s’enfoncent dans la maladie. J’ai justement créé l’Ennéatoile comme outil d’intégration des neuf.

Définir des motivations et non des comportements

C’est une confusion que je considère à la source de bon nombre de maladresses dans l’utilisation de l’Ennéagramme. La motivation, c’est une force : une envie, un désir, une quête, un manque, quoi que ce soit qui nous mette en mouvement – ou résiste à un mouvement. Le comportement, c’est l’action qui en résulte : parole, fuite, rire, sommeil, persévérance, confrontation, etc. Les neuf types Ennéagramme sont avant tout des types de motivations. Mais la motivation est souvent inconsciente alors que le comportement est visible… Alors les ouvrages sur l’Ennéagramme nous aident en indiquant quels sont les comportements les plus classiques pour tel ou tel type. Mais c’est là que les moins scrupuleux tomberont dans le piège et diront par exemple : « les 7 sont incapables de mener un projet jusqu’au bout », ou « les 9 fuient systématiquement les conflits ». Imaginez le risque : on ne change pas de type dominant pendant notre vie, alors si ce type est attaché à des comportements, ça signifie qu’on ne pourra rien changer ! C’est anti-développement. Au contraire : TOUS les comportements sont possibles, pour CHAQUE personne. Pour évoquer les comportements classiques liés aux types, parlons de tendances générales. Et changeons les comportements qui ne nous conviennent pas !

Ne pas forcer le "typage" d'une autre personne

« Typer » quelqu’un, c’est lui indiquer son type dominant. Je ne trouve pas ça souhaitable, pour plusieurs raisons. D’abord, si l’Ennéagramme définit des motivations et que seuls les comportement sont visibles, on a toujours une bonne chance de se planter. Il est donc raisonnable de laisser place au doute. Ensuite, ce qui compte avant tout d’après moi, dans l’Ennéagramme comme dans toute la vie, c’est l’expérience du chemin. Alors même si on est assez sûr.e du type dominant de quelqu’un, il vaut mieux toujours laisser cette personne trouver elle-même, la laisser ouvrir les portes de sa conscience, une par une, progressivement. Pour l’aider, on peut lui présenter les types Ennéagramme, lui indiquer des liens entre ce que la personne dit d’elle-même et un type en particulier, et corriger lorsqu’elle fait une confusion.

Le risque, c’est de pousser la personne sur un chemin, un chemin qui n’est peut-être même pas le sien ! Je considère ça comme un acte violent. Ce risque est encore plus fort quand la personne qui « type » l’autre a une autorité sur elle, en tant que formateur par exemple.

Et si on le pense sans le dire, est-il dangereux de chercher le type de tout le monde ? C’est souvent un réflexe lorsqu’on s’approprie les types. Et c’est naturel : quand on acquiert un nouvel outil, ça peut nous démanger de l’essayer ! Je ne vois pas de problème à ça. Jouez avec l’Ennéagramme. Mais n’oubliez pas que c’est un jeu ! N’oubliez pas que la personne est plus qu’un type, et que votre idée de son type dominant est peut-être fausse. Et rencontrez des gens qui témoignent de leur type, c’est le meilleur moyen d’apprendre.

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